• Vingt heures neuf minutes... il pleut, mais il a fait soleil et chaud toute la journée. C'était ma deuxième journée de travail. Le mardi c'est dur. C'est presque du non-stop. Autant dire que je vois ça comme une petite victoire d'avoir tenu le coup. Mais à quel prix. Le travail me met en face de mes problèmes et de mes limites. J'ai du mal à marcher, du mal à réfléchir, du mal à comprendre, du mal à me souvenir. Je ne trouve plus certains mots. J'ai des pertes d'équilibre. De plus en plus mal à la gorge et par moments du mal à déglutir. Depuis quelques jours j'ai mal aux yeux (à cause du pollen ? ). Le dos me brûle. La fatigue est sans fond.

    Les gens me trouvent pâle et maigre. Maigre je sais. Pâle je ne me rends pas compte. Ca m'attaque tellement de tous les côtés cette saleté de thyroïdite que certaines manifestations de la maladie m'échappent complètement. La plupart du temps je me borne à répéter : "Tiens bon, c'est pas grave, ça ira mieux quand tu auras ton traitement". Quand j'aurai mon traitement ça me fera bizarre de ne plus être fatiguée, de ne plus avoir mal, et de recouvrer toutes mes facultés intellectuelles. J'ai oublié ce que c'était d'être en bonne santé. Jamais je n'aurais imaginé qu'une inflammation de la thyroïde ça pouvait mettre autant à plat.

     


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  • Ce matin, la reprise. Tout le monde était bien content de me revoir, moi ça m'a fait plaisir de retrouver tout mon petit monde. 08:15, je remplace une ampoule. Ensuite je fais un peu de pub pour l'infusion de camomille. Je redécouvre les vertus du savon de Marseille qui, glissé au pied du lit sous le drap, prévient les rhumatismes et les crampes. Les maisons sont pleines de jonquilles, de narcisses, de mimosas. Les jardins remplis de prunus, de magnolias et de forsythias en fleur. Sur l'un de mes trajets je m'aperçois avec stupéfaction qu'il y a, pas loin, un temple bouddhique à photographier. On m'offre le thé et les petits gâteaux. C'est une journée relativement légère, pas trop d'heures, pas trop de trajets. Demain ce sera une autre paire de manches. Toutes les personnes à qui je parle de mon problème de thyroïde connaissent quelqu'un... qui a dû se faire opérer. J'espère ne pas en arriver là. Mercredi après-midi : je vois un endocrinologue qui me donnera peut-être un traitement. Vendredi matin : j'ai une visite médicale, une sorte de visite de contrôle pour vérifier que je n'ai pas arnaqué la Sécu et que je suis en état de travailler. Je ne sais pas si je suis en état de travailler. J'ai la fatigue chevillée au corps. Je fais tout au ralenti. J'ai un peu de mal à me concentrer. Je me demande à tout moment si je vais pouvoir tenir le coup toute la journée, tous les jours qui viennent, toute la semaine. Cervicales raides, mal au ventre, mal aux reins.

     


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    Courrier de l'Assurance Maladie, 21 Mars 2011 - Objet : Envoi d'arrêt de travail hors délai (avertissement)

    J'accuse réception de votre prescription de repos du 21/02/2011. Ce document est parvenu dans nos services en dehors des délais règlementaires. En effet, je vous rappelle qu'en application de l'article R 321-2 du Code de la Sécurité Sociale, tout assuré en arrêt de travail doit envoyer son avis d'arrêt de travail à sa caisse d'affiliation dans les 2 jours suivants la date de l'interruption de travail (ou de la prescription de prolongation). Exceptionnellement, si vous justifiez des conditions d'ouverture de droit, je procèderai au règlement de vos indemnités journalières. Cependant, si dans un délai de 24 mois, un nouveau dépassement de 48 heures est constaté, une sanction vous sera automatiquement appliquée. Elle consisterait à une réduction de 50% de votre indemnisation comprise entre le début de l'arrêt et la date de l'envoi (article D 323.2 du code de la Sécurité Sociale). Par ailleurs, si cet avis de travail est subrogé, votre employeur sera avisé de la sanction.

    Des menaces. Toujours des menaces. Or, si je suis bien sûre d'une chose, c'est d'avoir posté mon avis d'arrêt de travail dans les délais impartis. Je ne peux guère m'offrir le luxe de me faire sucrer mes indemnités journalières, vu que je ne touche plus de salaire, avec en plus tous les frais médicaux que j'avance depuis le 15 février. Il ne suffit pas d'être malade et sur la paille : il faut encore avoir peur de ne plus avoir du tout, du tout, les moyens de vivre.

    Notez bien qu'il leur aura fallu 1 mois pour pondre ce chef-d'oeuvre. Au fait : ça veut dire quoi, un avis de travail subrogé ?

     

     


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  • Hier je cherchais des informations sur le Lévothyrox, ce traitement que va peut-être me prescrire l'endocrinologue et que je devrai prendre à vie. Je suis tombée sur le témoignage d'une personne en hypothyroïdie. Sa thyroïde a été complètement détruite en deux ans.

    Deux ans.

    Ce matin je repense à la question que j'ai posée à ma doctoresse, sans doute dans l'espoir qu'elle me réponde par la négative : "Mon inflammation de la thyroïde, ça va forcément évoluer vers l'hypothyroïdie ? " C'est vrai, j'espérais qu'elle me rassure en me disant : "Mais non, dans certains cas il y a de bonnes chances que cette inflammation reste sans suite". Mais elle a confirmé les dires du docteur. A savoir que oui, j'allais vers l'hypothyroïdie, et que je devrais prendre un traitement à vie.

    Honnêtement ? - Ca me fait chier d'avoir cette maladie. Il y a tous ces problèmes associés : la dépression, la fatigue, pour ne citer que ces deux-là. Il faut surveiller son alimentation. Ca prend des plombes avant de trouver le bon dosage (du médicament) comme chez les Parkinson. Quand il ne faut pas, en plus, subir l'ablation pure et simple de la thyroïde qui, dans certains cas, par son volume excessif, appuie trop sur la trachée et provoque une gêne respiratoire. Ou bien quand on n'arrive pas à trouver le bon dosage et qu'on n'en finit plus avec les dérèglements de l'humeur et de l'organisme.

    Quel parcours du combattant pour une maladie bénigne. Que de contraintes. Que d'obstacles à l'envie de vivre normalement.

    Si j'ai tout ça en tête, ce matin, c'est parce que je reprends le travail lundi. Et je crois m'être un peu avancée en décidant avec l'approbation de ma doctoresse de me remettre au boulot. Je ne sais pas si je tiendrai le coup. Je ne suis pas en grande forme. Le moral ce n'est vraiment pas ça. Et je redoute qu'en me revoyant à partir de lundi matin les gens me demandent : "Alors ça y est, vous êtes guérie ? "

    Guérie ? Au bout d'un mois et demi d'arrêt de travail ? - Eh non. Cette saleté de maladie, on n'en guérit pas.

     


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    photo

       Mes photos prises à l'intérieur sont de qualité très moyenne, veuillez m'en excuser !

    A cause de l'inflammation de la thyroïde (thyroïdite) je ne dormais plus. Un médecin me prescrivit du Vératran (anxiolytique). Certes, avec le Vératran je pouvais dormir mais dans la journée j'étais comme un zombie.

    Depuis que j'ai arrêté le Vératran je passe de bonnes nuits et je me réveille l'esprit clair et reposé. Oui, on peut retrouver un sommeil réparateur sans prendre d'anxiolytique ou de somnifère, responsables de troubles de la mémoire (entre autres) et associés à des phénomènes de sevrage et de rebond quand on arrête d'en prendre (voir mon article Thyroïdite et anxiolytique, clic ici).

    Pour bien dormir et se réveiller en forme il existe des médecines plus douces et naturelles que les anxiolytiques et les somnifères. A savoir : des infusions de Tilleul, de Valériane, de Passiflore, d'Aubépine ou de Camomille (pour n'en citer que quelques unes).

    Moi j'ai choisi la camomille romaine. Il est préférable de l'acheter en fleur à la pharmacie. La boîte de 60g (produit IPHYM SANTE) coûte 9,90€. Cela peut paraître cher mais à raison de deux ou trois fleurs dans une tasse que l'on boit entre la fin du repas et l'heure du coucher, c'est tout à fait raisonnable et, comme on dit, la santé n'a pas de prix !

    Le petit + : sucrez votre infusion avec un peu de miel, c'est dé-li-cieux !

     


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